00%
MENU
Retour Retour
Exposition
04.04.2021

RÉSONANCES COLORÉES

Paressant-Riberzani… miroirs colorés et reflets lumineux

Sous la plume des exégètes et commentateurs de l’œuvre de Françoise Paressant, le terme de « jubilation » revient souvent. Rien de plus justifié si l’on se rappelle l’étymologie latine de jubilare (« pousser des cris de joie »), la Jubilation n’étant rien d’autre que le « chant joyeux » des foules antiques assemblées aux fêtes rituelles ! Jubilation du regard, enchanté par la franchise et par l’exaltation joyeuse de ce tintamarre de couleurs que donne à voir l’artiste. Mais aussi jubilation manifeste d’un geste créateur fondé sur l’instinct, guidé par l’imaginaire et affermi par l’expérience. Usant, pour ses bandes superposées ou juxtaposées, de la laine comme de la toile, du coton, du polyane ou du papier, sollicitant l’aquarelle et l’acrylique pour créer de savoureux effets de transparence et de fusion par capillarité textile, Françoise Paressant donne ainsi, entre action et méditation, une priorité, jamais marchandée, au matériau.

En dialogue fructueux avec la contribution de Françoise Paressant, se vérifie par ailleurs la capacité de Daniel Riberzani à offrir de notre monde tourmenté un reflet singulier, tout de rutilances lumineuses, d’éclats colorés. Maître de vastes surfaces textiles au sein desquelles flamboient les nuances de sa palette délibérément baroque, l’artiste excelle aussi à créer, par le truchement des « petites tapisseries », de véritables îlots de lumière, miroirs et échos multipliés de ses désordres intimes et des tumultes du monde contemporain… tout se passant comme si, contre la malédiction de l’oubli et contre la misère de la frivolité, il se divertissait à dresser une foule d’étendards vigoureusement joyeux et frondeurs. Usant ainsi, en leur écrin de beauté miniaturisée, des nuances militantes de la laine, Riberzani s’inscrit dans la pure tradition de résistance qui fut, et reste, la toute première marque de la tapisserie contemporaine.

Gérard Denizeau