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Exposition
17.05.2019

Jean Lurçat / Mathieu Matégot - Face à face

Pour sa premiere exposition thématique, rue de Bourgogne, du 17 au 29 juin,

la Galerie Chevalier a confié le commissariat d’exposition à Gérard Denizeau,  

Plus enthousiaste encore que prophétique, Jean Lurçat n’a jamais, au long de sa carrière, cessé d’inscrire le lyrisme de ses formes et de ses couleurs dans l’ordre du temps musical : « La tapisserie murale, aimait-il à répéter, chante le parfum, l’ivresse du vin, le lierre et le jasmin, le chat et la pie voleuse, l’œil du coursier, le milan et le faucon, le miel du lait, et le lait des nuées, l’ortie et le caillou, l’absinthe, le thym… ». Confiant aux spectateurs vigilants le soin de découvrir sur ses surfaces de laine colorée l’écho de toutes les rumeurs, paisibles ou turbulentes, du monde, le grand artiste continue ainsi d’offrir à son public un miroir qui « voit plus haut que l’horizon ».

En accord profond, selon ses propres mots, avec cette conception de l’œuvre d’art comme terre d’accueil de tous les signaux – visuels aussi bien que sonores – qui balisent, depuis les temps obscurs, la longue chronique de l’humanité, Mathieu Matégot postule avec la même vigueur l’inscription de l’œuvre textile dans la durée tourmentée de l’histoire. Plus de vingt ans après la disparition du grand aîné dont il était resté le disciple le plus imprévisible et le moins docile, il insistera, encore et toujours, sur la puissance dramatique d’une pratique textile si idéalement adaptée aux strictes exigences de l’architecture contemporaine : « Rien ne fait mieux chanter l’architecture d’intérieur que la tapisserie d’aujourd’hui, aucune expression artistique ne se prête mieux à l’expression d’un certain génie de la modernité ».

À ce dialogue lyrique unissant, au-delà de leurs destinées personnelles, ces deux artistes majeurs du deuxième XXe siècle, la galerie Chevalier a choisi de donner corps en organisant, sur ses cimaises, du 17 mai au 29 juin 2019, la confrontation de quelques-unes de leurs réalisations les plus abouties. Rencontre féconde et conflictuelle, source d’un étrange contrepoint visuel, libre jeu de renvois et d’échanges entre deux des créateurs les plus inspirés de la légende contemporaine du textile.

Gérard Denizeau