Tapisserie tissée après un carton de Mamadou Wade (1944-2024)
Sénégal, Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès
Chaine en coton et trame en laine
Bolduc manuscrit au dos
Édition 7/8
Circa 1970-1975
En 1963, il est choisi avec trois camarades (Alioune Diakhaté, Mar Fall, Doudou Diagne) pour suivre une formation à la tapisserie de lice aux Gobelins à Paris. Il quitte ainsi le Sénégal à l’âge de vingt ans pour découvrir le métier à tisser de basse-lice dans les prestigieux ateliers français. À Paris, il fut un élève appliqué et consciencieux et rencontra certains des grands artistes de l’époque, comme Dom Robert. C’est le point de départ d’une carrière dont l’essentiel fut consacré à l’art de la fibre et à la décoration murale.
En 1966, il fut nommé instructeur licier, chargé de d’enseigner l’art du tissage aux jeunes recrues des manufactures, tout juste inaugurées. Mamadou Wade poursuivit sa propre formation en voyageant. D’abord à l’École des arts décoratifs d’Aubusson en 1970-1971, puis en URSS à la fin des années 1970, et enfin en Belgique.
Mamadou Wade dessinait et peignait aussi des oiseaux, contribuant à en faire l’un des motifs de prédilection des tapissiers de Thiès. Dans ses oeuvres, les oiseaux sont tantôt chargés d’un sens politique manifeste, tantôt le prétexte de la démonstration de sa maîtrise des jeux de lignes et de contrastes. Mamadou Wade a conservé son atelier au village des arts, où sa trajectoire et sa figure d’ancien sont particulièrement respectées par les artistes aujourd’hui.
Extrait du texte de Coline Desportes, L’Etoffe des Modernes, 2024